Hapax –> Prototype –> marchandise

Les petits Mosjoukine

À l’occasion de l’invitation de Y. D. à l’exposition vente du Sémaphore.

Je ne vends pas mon travail, je n’en ai financièrement pas besoin et la prégnance de la « marchandise » est telle, qu’il me paraît nécessaire de préserver les particularités de l’« artistique » des caractéristiques invasives de cet objet totalitaire.

Reste que le système dans lequel la marchandise évolue est un vecteur d’échange dont les mécanismes sont connus et pratiqués par tout le monde et qu’il peut-être intéressant d’emprunter lorsqu’on veut divulguer un travail, à la condition de s’entourer de quelques précautions prophylactiques.

Cette marchandisation, induit l’acceptation d’un certain nombre de caractéristiques qui bouleversent la morphologie de l’œuvre et les rapports que le fabricant entretient avec elle.

De l’hapax au prototype

En général et à l’exception notoire de la catégorie « Multiple » (estampes, épreuves photographiques…) les dispositifs de figuration à visée artistique n’ont pas vocation à faire série. En dehors de tout jugement qualitatif, ils sont un point de rencontre unique entre un milieu (voir Berque ) et une singularité. L’hapax est donc stérile et n’engendre pas de descendance directe, il n’intègre qu’indirectement les taxons d’une phylogénie possible.

Lorsque décision est prise d’organiser une filiation à partir d’un modèle séminale, il faut initialement organiser dans sa topologie la possibilité de modifications morphogénétiques (genèse simondonienne) qui à l’instar des catastrophes de René Thom sans être totalement prédictibles vont évoluer dans un périmètre défini. La série ou développement est donc « embarquée » dans le prototype.

Dans ce cas précis la filiation est la suivante : « Yes, he said, everybody said that she does not look like it, but that does not make any difference, she will ! » → Label inconnu → Les Petits Mosjoukine.

Pour les deux premiers voir les 2 posts précédents.

Les petits Mosjoukine

Une des premières caractéristiques de la marchandisation d’une œuvre est paradoxalement la notion de perte. Quand tu fabriques une marchandise tu sais que tu vas la perdre. Ce qui entraîne un travail de répertorisation, une mise en mémoire et donc un choix des critères que tu vas mémoriser, il y a donc d’emblée un travail de doublage par construction d’une forme mémorisable.

La seconde est aussi paradoxale, c’est celle d’une dévalorisation. L’éclatement de l’aura, la mise en place d’un mode opératoire « économique », le basculement dans la sphère de quantification sont des critères dévaluant l’aspect qualitatif du travail artistique.

Enfin, c’est aussi le risque d’une minoration sociale symbolique. Après avoir fait ces concessions, il est fort possible que la marchandise « art » ne se vende pas. Indice d’une analyse bancale et d’un pouvoir de séduction peu efficace.

Un mode opératoire économique

Un prix de revient modeste

Sous-verre achetés à Gifi pour une somme modique, petits formats, le papier utilisé pour les dessins est celui qui emballe les vitres achetées habituellement à Leroy Merlin, chutes de carton bois pour les passe-partout. Fournitures graphiques anciennes. Le coût hors temps de travail est donc dérisoire.

Les formats ne nécessitent pas une durée de travail importante, le maximum est estimé à une durée de quelques heures répartie sur trois ou quatre jours.

La plus-valu s’exprime en terme d’ingéniosité du dispositif et maîtrise des techniques d’enchantement.

Les prix de vente

Ils sont modestes et semblent corrélés à la taille du format. Ils s’échelonnent entre 25 Euros pour les petits formats et 100 pour le plus grand. Ce qui me paraît raisonnable.

Les freins

Nécessite une part active du spectateur, de posséder une appli qui lit les QR code, remet en question une représentation très basique de l’œuvre d’art (lieux communs à la con, déco… )

Un texte prédicatif sous forme de sous verre 18/24 est associé aux œuvres afin de palier possiblement cette difficulté.

La mise en mémoire

Acquisition d’une certaine maîtrise de la technique des trois crayons réutilisable et transposable.

Un Vade mecum de l’utilisation des trames de diffusion réaction pour les QR codes

Certaines parties des cahiers 16 et 17

L’article du blog

Un répertoire analytique

Une pièce non vendue

Le répertoire

3- 18/24 : Source iconographique : Eric Poitevin 14/18 cent portraits LAM 2014

Verbes inchoatifs : Jouïr, S’enivrer, Extravaguer

Accrochages ficelles et hêtre pour assurer la bonne inclinaison en rapport aux reflets sur la vitre.

S’enivrer

Jouïr

Extravaguer

2- 21/30 Sources iconographiques : Eric Poitevin 14/18 cent portraits LAM 2014, une peinture d’Henri Troyon et un article dans la Voix du Nord pour les phoques (insatisfait j’en ai refait un dans le cahier 17)

Accrochages ficelles et hêtre pour assurer la bonne inclinaison en rapport aux reflets sur la vitre.

Se Pâmer

S’extasier

1 – 40/50 Sources iconographiques : Eric Poitevin 14/18 cent portraits LAM 2014 et p. 95 de La grande terreur en URSS 1937-1938 Thomasz Kizny

S’égarer

Le cartel prédicatif au format 18/24

Les étiquettes au dos contiennent également quelques informations utiles.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close