Similisque (XI) Poser son sac.

   Quand on interrompt la fabrication d’une œuvre en cours (les motifs sont variés) on espère bien la reprendre dans un délai plus ou moins long (c’est jamais certain), et on se demande quel type de balises on va pouvoir laisser pour qu’au moment de la reprise on puisse bénéficier d’au moins une partie de l’élan investi jusque-là.

   Ce post devrait donner matière à un projet d’article sur la question. Le dossier concerné est :

   C:UsersutilisateurDocumentsbasedessinaprès300917basedessin3verrue18textepost.odt

   D’abord le titre. C’est un élément des textes prédicatifs à forte coloration mnémonique, que je travaille depuis longtemps. La première trace sur le blog est. J’en disais ceci :

   « Je suis sur le panneau 5.  Je reviens sur cette histoire de titre. Sur ce genre de travail long, lent, un des problèmes réside dans la perte de l’idée générale dans les pauses (en regardant l’historique ça peut aller jusque 5 mois sans intervention, même si les œuvres sont toujours à vue), une des fonctions de mes titres est mnémonique. Évidemment ce qu’on appelle idée générale est un objet dont le contenu mnésique est très difficile à préciser (sensation, impression, manière de projet…) et par conséquent le sens du mot titre est trop restrictif et connoté. Je lui préfère celui de toponyme dans son acception anthropo-géographique, parce qu’il recouvre une série de qualités qui me semblent plus appropriées. C’est un nom qui est donné à un endroit remarquable, objet d’une expérience, avec une délimitation, une histoire, c’est constitué de plusieurs couches de sens, c’est interprétable, ça facilite le repérage, c’est presque toujours corrélé à un observateur, enfin c’est modifiable. Ça induit un passage de l’œuvre vers l’œcoumène. En gros ça me plaît bien. »

   Viennent ensuite les traces de la genèse (acception Simondinienne) constituées de deux catégories d’éléments, les documents de références (sources, textes/images/diagrammes), les traces du déroulement de l’évolution du projet (recueil chronologique [les post du blog], développements non aboutis [bras-morts], historique des interruptions), l’outil le plus utile ici est le logiciel Rekall  de Clarisse Bardiot (dont j’ai déjà largement parlé).

   Puis il faut considérer les prises présentes dans l’œuvre (qui ont fait l’objet d’un article, non paru ce jour, dont le texte est là). Un petit condensé :

   « La double contribution œuvre/texte proposée ici n’a pas pour objectif de circonscrire l’ensemble de ces questionnements. Elle ambitionne plus modestement de porter attention à une catégorie de véhicules iconiques et à ses composantes, faisant charnière entre l’univers des facteurs d’œuvres et celui des regardeurs, et mettant en étroite relation les modes opératoires de fabrication et d’évocation.

   Ces objets, les prises, ont déjà été étudiés dans une perspective sociologique, pour une catégorie professionnelle particulière (celle des experts en œuvres d’art auprès des tribunaux). Ce public est ici élargi à tout acteur du dispositif artistique disposé à se pencher sur certaines pratiques de poïétique. Le champ d’application de ces objets est par contre réduit aux prises à caractères dynamiques, en écho au thème de ce numéro du fanzine.

   Prises, plis et repères

   Pour saisir plus précisément quelles formes revêtent ces prises et comment elles fonctionnent, il nous faut considérer le dispositif artistique en général sous un jour lui-même dynamique. Le fabricant (l’artiste, le facteur d’œuvres), l’objet d’art (l’œuvre, quelle que soit sa matérialisation) et les regardeurs (pris un à un) constituent ce qu’Augustin Berque appelle un milieu. C’est-à-dire un réseau dédié de relations interconnectées, souvent en faisceaux, appuyé sur un territoire topographiquement défini.

   Les prises constituent le faisceau qui fait la liaison entre les plis de l’œuvre et les repères du spectateur. Les plis étant des indices visibles, des saillances dans l’œuvre qui révèlent les prises et les qualifient en véhicules en fonction de l’écho qu’ils soulèvent dans l’ensemble des repères culturels du regardeur. Les plis, qui ne sont le fait que du facteur d’œuvre, vont faire l’objet d’une attention particulière dans la suite de cette contribution. »

   La forme de l’arrêt. En ce qui concerne Similsque, le panneau du milieu est clos, le panneau de gauche est en chantier. Reste en suspens la partie qui met en jeu la ressemblance avec la projection (élément narratif et dispositif de vision).

   Le socle support est terminé (les soudures sont toujours à chier).

   Le système de rétrojection est embryonnaire, mais intéressant.

   Le panneau (ou ce qui en fera office) de la partie droite est quant à lui encore dans les limbes.

   Enfin, il faut envisager le dispositif de maintien au regard ; l’œuvre en attente doit être offerte à une possible scrutation continue afin de permettre cette partie si importante de notre travail où voir c’est faire.

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