Ce qui n’a plus de nom (II) Les Croûteuses (VI)

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Fini le panneau 3 de Ce qui n’a plus de nom. Je ne suis pas mécontent de la façon dont j’ai procédé. Ça m’a pris un gros 4  jours. L’évolution des schémas généraux (cruciforme, registre, mixte avec barre de blocage) et le choix des éléments à associer se sont finalement réglés sur la table de montage en une matinée après de nombreux ajustements et remises en question sur le panneau lui même. En gros ça fonctionne toujours comme ça : gros et long travail d’élaboration, réalisation rapide. Il semblerait que je commence à gérer les délais à ma convenance (à vérifier évidemment).

Les éléments sablés (j’en ai retenu 4 : une grande émissole, une vieille nuit sablée à Sars et deux bandes de guetteurs constituant mon premier essai à l’atelier) et ceux qui résonnent avec les carreaux du cadre sont les seuls éléments « iconiques » des pièces de verre. Après de nombreuses hésitations les plaques de zinc niellées n’ont pas été intégrées.

 

J’ai installé une légère vélature en soie sur le registre du haut, c’est assez peu visible sur la photo.

Plusieurs essais en cours sur le sablage sur fond coloré. Il y a de l’avenir.

Les croûteuses avancent à un rythme sénatorial. J’arrive à tenir mon plan de valeurs et à m’abîmer quand même dans la réalisation ce qui a généré un foisonnement herbacé plutôt étrange.

 Le relevé des posts concernant l’élaboration de Ce qui n’a plus de nom (en fait j’ai à nouveau une petite idée) en révèle une quarantaine depuis 2009. Je fais des recherches dans les carnets de croquis correspondants. En parlant de ça, j’ai répertorié dans une page le Cahier beige de juillet-octobre 2012.

Historique du pentiptyque au 21 06 13

2009

16 juillet 2009 Les passantes

2010

26 octobre  Les grandes crevures (I)

28 octobre  Les grandes crevures (II)

28 octobre  Les grandes crevures (III)

31 octobre  Les grandes crevures (IV)

2011

31 janvier  Célibataires mêmes

12 mai   Blandine

27 novembre  La Nuit montage de la plaque partie droite

28 novembre  La Nuit le panneau

30 novembre La Nuit  panneau droit montage de la plaque  essai source mixte

3 décembre La Nuit les premiers tirages

11 décembre La Nuit on ne sait plus

17 décembre La Nuit noire

26 décembre Murmuration

27 décembre Les oiseaux

30 décembre  la Nuit le retour

2012

7 janvier Tombé(es) de la nuit

14  janvier Blandine (II)

28 février La Nuit niellée

16 mars  Retour à l’ordre

25 mars Cabine de soudage

8 avril Sars poterie

5 mai Gommes bichromatées

29 juin Les échelles

7 juillet  Théophanie de Mauricette Pichon

22 juillet Épiphanie de Mauricette Pichon

23 juilletÉpiphanie

30 juillet Épiphanie (IV)

7 août Épiphanie (VI)

18 août Épiphanie (VII)

26 août  Épiphanie (VIII)  Les tables (I)

27 août Les tables (II)

14 septembre Les échelles (III)

14 décembre Les échelles (IV)

2013

27 avril Chiens courant (IV)

25 mai  Chiens courant (VI) Les Croûteuses (IV)

20 juin Ce qui n’a plus de nom ( ?)

 

En même temps (mais comment fais-je ?) je lis avec une très grande attention les ouvrages suivants : Principles of Egyptian Art de Heinrich Schäfer (particulièrement le chapitre intitulé Aspective,  Abstraction et Einfühlung de Worringer et Questions de Style : fondements d’une histoire de l’ornementation de Riegl.

Enfin, j’ai regardé avec une grande délectation le Bovines de Gras et j’ai comme une grosse envie d’en tirer un grand crayon de couleur poussinien. Let’s do it (later).

 

 

 

4 réflexions sur « Ce qui n’a plus de nom (II) Les Croûteuses (VI) »

  1. Vos lectures ont quelque chose d’égyptien qui me plait beaucoup !
    Et merci pour l’historique, il se trouve que j’en avais personnellement besoin.

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    1. Bonjour Gladys, merci pour votre aimable constance (je garde aussi un œil attentif sur vos posts et je m’en réjouis à chaque lecture). Depuis que je blogue, j’ai appris à apprécier les commentaires à leur juste valeur, ce sont des pépites rares et précieuses.
      Je vous concède bien volontiers le côté un peu archéologique de nos petits camarades allemands du début du siècle dernier, mais j’ai gardé comme une tendresse pour l’esthétique psychologique même si je ne m’en vante pas outre mesure dans les cénacles contemporains (de toutes façons je n’en fréquente guère et vice versa).
      Quant à l’historique, j’y vois plutôt l’occasion d’un point d’arrêt plutôt que le spectacle héroïque d’une genèse triomphante (ben mon gars). Allez, un petit coup de Wittgenstein pour la route « La difficulté n’est pas, pour ainsi dire, de trouver la solution, mais de reconnaître la solution dans ce qui à l’air d’en être seulement la prémisse. Cette difficulté tient, je crois, à ce que nous attendons à tort une explication alors qu’une description constitue la solution de la difficulté, pour peu que nous nous arrêtions à elle sans chercher à la dépasser.- C’est ce qui est difficile, s’arrêter. »
      Bon, voilà, j’ai réussi à transformer ce que vous aviez su garder vif et léger en trois paragraphes lourds et laborieux.

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      1. Cher Jean-Jacques,

        j’ai réagi à votre post parce qu’il y a quelques jours j’ai essayé de refaire l’histoire de ce qui n’a plus de nom en farfouillant dans vos archives, et je me suis égarée, j’ai accessoirement eu l’impression d’être dans une pyramide, j’ai regardé des choses que je n’avais pas revues depuis longtemps, j’ai réfléchi… et dans la foulée, j’ai feuilleté la thèse de Worringer tout exprès. Pour être précise, j’étais sur la trace du binôme cristallin/organique qui tout à coup m’est apparu actif chez vous : la coïncidence (en est-ce une ?) est notable, du coup je voulais savoir ce qui vous intéressait dans ces livres (et je m’y suis prise en vous parlant d’Egypte, car ce n’est pas la cohérence qui m’étouffe dans ce genre de cas).

        Je le vérifie assez régulièrement : le terme de « psychologie » a le pouvoir de faire se dresser les cheveux sur la tête d’un certain nombre d’esthètes… Mais enfin, quand on lit attentivement Riegl et Worringer il y a de quoi décomplexer je trouve ! On est quand même pas exactement dans la rubrique « psycho » de Femme Actuelle. L’idée de volonté artistique par exemple, c’est formidable. Et puis d’une manière générale, l’intérêt des européens germanophones pour la psyché, a emporté tout un tas de domaines du savoir dans une très belle dynamique autour de 1900.

        Apparemment le rôle de Wilhelm Wundt dans cette histoire est important… C’est lui qui a réfléchi sur la notion de « Völkerpsychologie » à la fin du XIXème siècle. Vous le connaissez ? Moi, très mal. Il y a des ouvrages de lui, traduits en français, sur Gallica : notamment « nouveaux éléments de physiologie humaine » et « éléments de psychologie physiologique », avec des passages sur l’œil, la perception visuelle et la sensation lumineuse, c’est ébouriffant de précision et il y a plein de concepts intéressants. Je trouve ça aussi très ardu. Je suis loin d’avoir tout compris mais je progresse.

        Je m’arrête là, je suis sûre que Wittgenstein m’en veut déjà… Je vous souhaite en passant, une excellente soirée.

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      2. Chère Gladys,
        c’est effectivement troublant, une sorte de sérendipité cette coïncidence avec Worringer (ou alors je vous suis déjà complètement transparent). En fait c’est plutôt l’einfhülung qui m’intéressait. Il faut dire d’abord, que n’ayant pas de structure de référence dans les connaissances esthétiques, autres que pratiques j’aborde ça comme les peintres dans les musées avec les tableaux des autres : une manière de razzia. On prend ce qui apparaît opérationnel même si ça ne fait pas cohérence dans l’œuvre de référence (j’ai en tête un petit dessin de Cézanne, dans le catalogue de l’exposition Copier, Créer au Louvre en 93, copie d’un buste de Strozzi, où on voit la ligne passer de l’immédiat extérieur de la figure au contour de l’arrête du nez, ce léger dehors/dedans rend le dessin pratiquement plus efficace dans le rendu de volume que la sculpture). Cette précaution prise, en gros voilà comment ça se présente : si on part du principe qu’une œuvre d’art développe une sorte d’umwelt (butin pris chez Uexküll) que ce monde à part est régi par des « lois » dont ne dépend pas la survie mais une certaine qualité de jouissance de soi, il reste au réalisateur à déterminer quels équilibres harmoniques (disposition) et quelles prises (formes) leurs donner ( hold-up de stimmung chez Spitzer) Évidemment tout ça est complètement bricolé (fauché chez Lévi-Strauss, Le regard éloigné) mais fort utile pour la fabrication, et structurant pour l’entretien de ce que Deleuze appelle la nécessité dans le texte que vous citez dans le post sur « le peuple qui n’existe pas encore ».
        En suivant vos indications il semblerait qu’un petit casse chez Wundt s’impose.
        Merci de votre aimable complicité, je vous souhaite une bonne journée.
        Amitiés
        Jean-Jacques

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