(IX) Les passantes

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   Mes dessins ne sont en général pas très fidèles. Au début ça me gênait. Ça a pourtant l’avantage de laisser les choses ouvertes et ça ne cantonne pas la phase peinture dans une perspective uniquement tonale.

  Ici j’énoncerai plusieurs, j’allais dire « objectifs », mais je me contenterai de : vœux. 

                                  Premièrement je voudrais qu’il y ait une qualité de relation entre les trois coureurs et les trois femmes (rimes colorées, qualités de contraste, voisinages compositionnels…)

                                  Deuxièmement, je voudrais que les trois corps entretiennent aussi une relation avec les portraits des disparues.

                                 Enfin je voudrais qu’il y ait une certaine tension dans le panneau des nus de dos.

   Pour l’instant je ne maîtrise pas grand-chose, je me contente d’accompagner le mouvement. Dire ça comme ça semble un peu niais. En fait accompagner le mouvement c’est, ne peindre que le matin, quand je suis frais (pas tous les matins malheureusement), placer la toile à peindre avec les coureurs dans le champ de vision (voir photo), organiser le temps de travail en le ponctuant d’arrêts (quand je fumais le temps de pose idéal correspondait à celui nécessaire pour consumer une cigarette en regardant la toile mais en pensant à autre chose), changer de palette (et perdre mes mélanges précédents), peindre sans recul pendant 20 minutes… En gros, ça pourrait correspondre à se regarder peindre sans voir ce qu’on peint. Cette volonté de maintenir l’activité de peinture dans un black out est d’abord motivé par la nécessité de la tenir à l’écart du langage. « Ce que je pense gêne ce que je vois. » (Valéry dans les Cahiers, cité par Billeter dans Leçons sur Tchoueng-tseu, Allia 2002). C’est admettre qu’il s’agit d’une activité indicible, indiscible mais pas inconnaissable, le même Billeter parle d’un autre régime de l’expérience. Une sorte d’inconscient y aurait une part prépondérante, pas l’inconscient freudien, une manière d’inconscient fonctionnel. J’avais une piste là-dessus, mais elle s’est avérée décevante, je transmets néanmoins la référence : Strangers to ourselves : Discovering the adaptative unconscious du Dr. Wilson de l’Université de Virginie.

  J’ai bien conscience que tout ça est bien pauvrement dit.

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